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17/03/2011

Le caveau de famille – Katarina Mazetti

 

Martine Désirée à la ferme.

 

Souvenez vous : on avait laissé Benny et Désirée, à la fin de « Le mec de la tombe d'à coté », alorsmazetti.jpg qu'ils tentaient de faire un bébé. Trois essais sinon rien, ils avaient décidé d'aviser seulement sur l'avenir de leur situation si l'essai s'avérait concluant.

 

Concluant, il l'est, et voilà que ces deux tourtereaux, qui s'aiment malgré les embuches, ie leurs caractères, vies, goûts, éducations respectives à l'opposé les uns des autres, décident de vivre ensemble, et, mieux encore, de convoler.

 

Si le premier tome de leurs aventures avait un coté drôle et souvent une grande finesse, ce « Caveau de famille » devient bien plus pataud au fil des récits entrelacés de Benny et Désirée. Ici encore, les chapitres alternent les points de vue des deux tourtereaux, en y incluant au début quelques récits faits par Anita, l'ex de Benny.

 

Mais les péripéties de ce couple qui sombre dans une normalité routinière où chacun, dans sa partie, se lance dans des récriminations larmoyantes ou aigries, c'est selon (et pas essentiellement Désirée, d'ailleurs) , finissent par perdre leur finesse et leur humour. Un humour certes présent par endroits (vous connaissez beaucoup d'hommes qui conseilleraient à une femme enceinte de prendre un autre gâteau car « ça augmenterait la teneur en graisse de ton lait »?) , mais qui se tarit au final en même temps que la communication entre Benny et Désirée.

 

L'humour s'est tari, tout comme ces petits détails qui faisaient que Le mec de la tombe d'à coté visait toujours avec justesse ces petits rien et ces grands tout qui font le suc des relations homme-femme. Ici, Katerina Mazetti grossit le trait avec des situations souvent peu crédibles où Désirée semble avoir perdu d'un coup féminité et intelligence (on a plutôt envie de lui suggérer un moyen de contraception) et où même les enfants survivent à des accidents gravissimes de façon bien opportune. Le tout se répète inlassablement jusqu'à la fin qui se termine en mode quand y'en a plus y'en a encore. Mouais. C'est bien dommage car si bon nombre de lectrices se sont identifiées à Désirée quand elles l'ont rencontrée, l'image que donne Katarina Mazetti de cette jeune femme intelligente devenue bonbonne ne donne plus du tout envie de s'y retrouver.

 

Madame fait tout à la maison, s'occupe des enfants, de la cuisine, du ménage, Monsieur aimerait qu'on l'aide davantage à la ferme, aimerait pouvoir s'asseoir en rentrant avec son journal et sa bière : Madame peine à conjuguer vie professionnelle et vie familiale, Monsieur préfèrerait qu'elle se lance dans la vente à domicile, ... certes, ces préoccupations sont universelles et intemporelles, mais, déclinées sur le même mode pendant 237 pages, quatre années et plusieurs enfants, elles deviennent aussi répétitives qu'ennuyeuses. 

 

Comme leur vie de couple ?

 


 

 

 

Le caveau de famille, Katarina Mazetti

Gaïa, 237 pages, mars 2011

 

 

Les avis de Cuné (merci pour le prêt) Tamara, Cathulu, Emeraude.

 


 

21/06/2010

La mise à nu des époux Ransome - Alan Bennett

Lorsque Mr et Mrs Ransome rentrent de l’opéra, ils retrouvent leur appartement vide. Entièrement vide. Tout a été cambriolé, benett.jpgdepuis l’équipement hifi de Monsieur jusqu’aux bijoux de Madame, en passant par le papier toilettes et la moquette. Il va falloir tout racheter. L’un en profitera pour se rééquiper en équipements dernier cri, l’autre découvrira les merveilles à trois sous de l’épicer du coin.

 

 

Loin d’être aussi amusant que La reine des lectrices, cette Mise à nu des époux Ransome se lit néanmoins sans déplaisir. Alan Bennett se plaît à croquer ce couple bien installé dans un confort bourgeois (Monsieur est associé dans un cabinet d’avocats, Madame a cessé de travailler), qui ne se parle pas ou peu depuis longtemps. L’homme, macho patenté, campé sur ses positions d’avoué respecté, refuse de se remettre en question tandis que Madame découvre avec une certaine naïveté que l’on peut vivre différemment, voire dialoguer avec son conjoint ou s'alimenter ailleurs que chez Mark & Spencer.

 

Si les situations et les dialogues ne sont pas aussi truculents que dans la Reine des Lectrices, on y retrouve cet humour caustique et détaché, ce second degré distillé l’air de rien, au détour du phrase ou d’une scène, qui font de cette comédie british une sympathique satyre du couple respectable : les époux Ransome apprennent que l'on peut faire du bruit en faisant l'amour, que l'on peut rire aussi, communiquer et partager. Qui va le plus apprendre ? Ou pas ?

 

Le tout n'est peut-être pas assez corrosif pour moi (j'aurais préféré un peu plus de noirceur dans cette peinture du couple) mais n'est pas désagréable.

 

 

 

La mise à nu des époux Ransome - Alan Bennett

Denoël et d’ailleurs, mai 2010, 159 pages

 

 

Les avis de :

Cuné : "Une petite fable charmante réussie de bout en bout"

 

Ekwerkwe : "Alan Bennett s'intéresse moins au triste Mr Ransome qu'au joli chemin parcouru par son épouse, et nous balade avec talent dans un roman où la froideur conjugale côtoie des scènes à la limite du merveilleux."

 

Lou : "Une jolie bluette britannique mais, si vous cherchez une idée de lecture dans le même genre, vous trouverez beaucoup mieux ailleurs."