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29/12/2009

A BOUT DE COURSE – RICHARD STARK

Où nous découvrons (ou retrouvons, si on est un adepte de Stark alias Westlake) Parker le braqueur. Parker veut braquer une stark.jpgbanque, découvre que l'un des gars sur le coup est un flic, le réduit au silence, se demande comment il va faire, trouve quelques complices et le voilà qui prépare le braquage d'un convoi de fonds. A priori facile, l'affaire est dans le sac et vogue le Parker. Sauf que l'une des personnes sensées leur indiquer le bon fourgon est la femme du directeur de la banque, maîtresse d'un ancien employé lui même ancien taulard, qu'un chasseur de prime va s'en mêler, que le directeur de la banque n'est pas tout à fait idiot, qu'une jeune fliquette vient enquêter et tout ne se déroule pas aussi bien que Parker l'avait escompté. Damned, tout va mal et Parker tente de tenir la route, en bon cartésien qu'il est.

 

Il est pas mal, ce Richard Stark. Pas mal parce qu'on retrouve ce qu'on aime chez Westlake : une équipe un peu branlante, des situations cocasses et des retournements imprévus qui finissent pas partir en vrille. Pas mal parce que le style est concis, pas de circonvolutions inutiles, ça avance et Parker se retrouve évidemment dans le pétrin.

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25/05/2009

ENVOYEZ LES COULEURS – DONALD WESTLAKE

Donald Westlake est connu pour ses policiers et surtout pour son héros gentleman cambrioleur et surtout looser, John westlake.jpgDortmunder. Ici, bien que publié chez  Rivages/Thriller, c’est un Westlake d’une toute autre veine que nous découvrons en suivant les aventures d’Oliver Abott, jeune professeur d’anglais.

 

Oliver, petit bourgeois blanc et bon fils de famille, prend ses fonctions de professeur dans le collège de Schuyler Colfax, à New York. Ce poste, il en a rêvé toute sa vie. Ou plutôt, il a seulement adhéré à la tradition familiale qui veut que les hommes de sa famille enseignent à Colfax et en deviennent le directeur après quelques années. Oliver, donc, entre à Colfax sans se poser de questions, ni sur son avenir, ni sur sa réelle vocation. Mais voilà que le jour de arrivée, les élèves se mettent en grève. En grève parce que, à Colfax, Oliver a pris la place d’un professeur noir, que 87 % des élèves sont noirs, et que ce népotisme irrite sacrément la communauté noire du quartier. Nous sommes dans les années 60 et le racisme est omniprésent. La situation va s’envenimer, le jeune homme tomber amoureux d’une enseignante noire, les clans se former : la guéguerre peut commencer.

 

Nous allons donc suivre ce candide  je serais plutôt du type bouchon, je me laisse flotter, je dérive très lentement, tout peinard au fil de l’existence »), totalement dépassé une situation qu’il a du mal à comprendre, épaulé par une jeune femme pleine d’idéaux. Le père est un imbécile de première, aveugle et prétentieux (« je me moque du nom qu’ils se donnent, ce n’est pas une communauté, c’est de la racaille »), la mère prépare des citronnades pour tous les manifestants, noirs ou blancs, tous sont entourés d’une galerie de personnages croqués avec beaucoup de malice et une formidable acuité.

 

Des allures de vaudeville, des situations burlesques et des personnages à la fois attachants et irritants, Envoyez les couleurs, titille avec malice pas mal de petit travers, de préjugés stupides, de comportements abjects. Petits racismes ordinaires, communautarisme aveugle, lâchetés et faiblesses, le tout servi sous couvert d’une jolie comédie romantique avec amour, désamour, jalousies, ruptures et retrouvailles. Et toujours cet humour cocasse, distillé l’air de rien, taquin, moqueur et toujours bien vu.

 

J’adore Westlake. De plus en plus.

 

 

Donald Westlake, Envoyez les couleurs

Rivages/Thriller, 336 pages, janvier 2009

 

 (un petit reproche à Rivages/Thriller ? Beaucoup de coquilles quand même)

 

 

Pour Jean-Marc Laherrère, c’est une « comédie à la Capra », tout à fait d’accord !