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14/07/2009

WHATEVER WORKS – WOODY ALLEN

J’avais dix-huit ans quand j’ai rencontré Woody Allen.

Je venais d’arriver à Paris et ai découvert les petits cinémas rue des Ecoles, rue affiche allen.jpgSaint Jacques, rue de la Sorbonne, … où je logeais.

A la faveur d'un cycle Woody Allen, j'ai vu et revu Manhattan, Play it again Sam, Hannah et ses soeurs (mon premier et mon préféré)… Au fil des ans, j'ai suivi les films qui sortaient : Alice, Meurtres mystérieux à Manhattan, Ombres et brouillards... Puis j'ai un peu laissé tombé, et, depuis Scoop, je n'ai plus vu ses films.

Whatever works n'est sans doute pas son meilleur film : le scénario comporte peu de surprises ou du moins les sent-on venir facilement, mais il renoue avec le genre new-yorkais dont je suis tombée amoureuse il y a fort longtemps...

Boris est un vieux misanthrope, divorcé, presque suicidé et presque nobellisé. Il dénigre, critique, râle, proteste, prend ses quelques amis à témoin (et les spectateurs aussi), a des angoisses nocturnes et on se demande pourquoi il ne se défenestre pas à nouveau. Le râleur va rencontrer une jeune gourde de province, jolie nunuche plus futée qu'il n'y paraît, les deux finiront par s'apprivoiser et même s'épouser, les parents de la belle débarquer...

Des crises existentielles, des destinées qui s'unissent alors que rien ne les destine l'un à l'autre, un misanthrope hypocondriaque attachant (quoiqu'un peu trop bavard parfois) , une intelligence rationnelle qui se heurte à une autre beaucoup plus sensitive et intuitive, une épouse délaissée qui découvre qu'elle peut être artiste et multiplier les amants (et tous en même temps c'est encore mieux, délicieusement interprétée par Patricia Clarkson), un père coureur, j'ai bien aimé Whatever works. Pourtant, dans les toutes premières minutes, j'ai eu un peu peur : Larry David est le double parfait de Woody Allen. Tellement qu'au début je n'y ai vu qu'une imitation, certes réussie, du réalisateur. larry.jpgPuis, peu à peu, Larry David est de plus en plus convaincant, totalement crédible. On ne voit plus Woody caché derrière un personnage, mais Boris l'acariâtre auquel on s'attache. Quant à Eva Rachel Wood, elle incarne parfaitement la jolie cruche du Sud, et donne à son personnage une fraîcheur sympathique qu'ont déjà perdue Scarlett Johannson ou Kirsten Dunst, trop vues ailleurs.eva rw.jpg

De l'humour aussi, cet humour détaché que j'aime beaucoup chez Woody Allen, celui qui surgit à la fois dans les situations et les dialogues, New-York (de Greenwich Village à Chinatown en se balladant Down town, j'ai reconnu certains lieux et m'en suis régalée), et, ici, un optimisme final presque surprenant : quels que soient clarkson.jpgle moyen, le chemin, les fausses routes, on peut tous trouver le bonheur quelque part. Même Boris/Woody finit par l'admettre, c'est dire.

 

 

Whaterver works, Woody Allen, 2009

 

 

Les avis de Yohan, Pascale (Sur la route du cinéma), Kathel, Papillon.